PARIS - Ségolène Royal a dénoncé mardi soir une "drôle de coïncidence" entre
la "mise à sac" de son appartement et ses propos sur le "clan Sarkozy", assurant qu'elle ne "subirait aucune intimidation" et que "sa liberté de parole sera totale".
"J'observe que la semaine dernière, le lendemain où j'ai dit qu'il
fallait mettre fin à la mainmise du clan Sarkozy sur la France, mon domicile a été mis à sac", a déclaré l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle lors du 20h de France-2.
"Je fais un rapport entre les deux" et "je considère qu'aujourd'hui
il y a une mainmise du pouvoir sur les médias", a-t-elle poursuivi, déplorant un "lynchage médiatique ridicule" après ses propos au Québec quand elle avait déclaré que le président Nicolas
Sarkozy n'avait pas joué de rôle dans la libération d'Ingrid Betancourt.
"J'observe que je suis la seule responsable politique à dénoncer très
clairement ce qui se passe aujourd'hui contre le service public de l'audiovisuel. Il y a un rapt, il y a un vol sur la publicité de France-2 et de France-3 pour enrichir les amis de M. Sarkozy,
MM. Bouygues, Lagardère, Bolloré, qui s'apprêtent en plus à se positionner pour la privatisation d'EDF et d'Areva", a lancé Ségolène Royal.
"Est-ce que vous pensez qu'il est raisonnable de privatiser EDF et de
privatiser Areva pour les amis de M. Sarkozy, à un moment où il y a une crise énergétique? Ma réponse est non, et je le dirai et le répéterai et je ne subirai aucune intimidation pour empêcher ce
mauvais coup contre la France".
Sans dire si elle proférait des accusations sur le cambriolage de son
appartement, la présidente de la région Poitou-Charentes a jugé que "c'est une drôle de coïncidence". "Et c'est la seconde fois, la première fois a eu lieu pendant la campagne présidentielle",
a-t-elle rappelé.
"Ségolène Royal a dépassé les bornes. A-t-elle pété un câble?", a
rapidement commenté le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre dans un communiqué, en estimant que "la gravité des accusations proférées par Madame Royal sont le signe qu'elle perd ses nerfs".
"Ce n'est pas la première fois que cela lui arrive et cela vient tout simplement confirmer qu'elle n'a pas les qualités indispensables à une femme d'Etat", en a-t-il conclu.
Le 28 juin dernier, l'avocat de Ségolène Royal Jean-Pierre Mignard
avait annoncé que l'appartement de l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle avait été de nouveau "visité". Il avait ensuite évoqué "des éléments de mise en scène" et souhaité des
mesures de protection particulière.
Le domicile de Ségolène Royal à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine)
avait déjà été cambriolé en août 2006. Le siège de son comité de soutien dans le Xe arrondissement de Paris avait lui été "visité" en février 2007. AP
Quelques réactions au
Ps
Son conseiller François Rebsamen, également numéro 2 du PS, a dénoncé
"les insultes du Premier ministre et du porte-parole de l'UMP".
"Une des chefs de l'opposition, l'ancienne candidate socialiste à
l'élection présidentielle, est menacée dans sa sécurité quotidienne et la seule réponse est de l'accuser de +péter les plombs+", s'est indigné le maire de Dijon, critiquant "le silence
assourdissant des médias, des observateurs, de la ministre de l'Intérieur" sur ce cambriolage.
De même, pour la porte-parole du groupe PS à l'Assemblée Aurélie
Filippetti, "dans la France de Nicolas Sarkozy, on peut désormais mettre à sac le domicile de la principale opposante politique et cela ne déclenche que l'hilarité des porte-parole, ou plutôt des
porte-flingues, du pouvoir en place".
Moins proche qu'eux de Mme Royal, le chef de file des députés PS,
Jean-Marc Ayrault, a estimé que Ségolène Royal "ne parle sans doute pas en l'air" en établissant un lien entre le cambriolage de son appartement et ses propos contre le "clan Sarkozy". "A partir
du moment où vous créez un climat, tout peut se passer", a dit M. Ayrault, visant le chef de l'Etat.
Laurent Fabius a refusé d'"entrer dans la polémique". "Soit ce
qu'elle dit est tout à fait exact, dans ce cas-là évidemment c'est scandaleux, soit ce n'est pas exact et il ne faut pas le dire", a-t-il toutefois glissé.
Le député PS Arnaud Montebourg a relativisé les faits, estimant que
"comme il y a les risques du métier", il y a "les risques du mandat" et que les responsables politiques sont "souvent soumis à ce genre d'atteintes".
Grèves: Sarkozy "vit dans un autre monde", selon Ségolène Royal
PARIS (AFP) - La socialiste Ségolène Royal a estimé mardi que les propos de Nicolas
Sarkozy sur les grèves en France sont "pires que de la provocation" et montrent que le chef de l'Etat "vit dans un autre monde" où "l'argent n'a pas d'importance puisqu'il croule sous
l'argent".
"Je pense que c'est pire que de la provocation. Il ne se rend même
plus compte de ce qu'il dit, au sens où, ça y est, il vit dans un autre monde. Pour lui, l'argent n'a pas d'importance puisqu'il croule sous l'argent", a déclaré sur RTL l'ex-candidate à la
présidentielle.
"Il ne se rend pas compte que les gens sont désespérés" et qu'il est
"très difficile pour les salariés, modestes en particulier, de perdre une journée de salaire pour une journée de grève", a-t-elle ajouté.
Selon Mme Royal, "c'est une méconnaissance de ce qui se passe
aujourd'hui en France. On se croirait revenus sous l'Ancien Régime où le roi s'amuse, le roi dilapide l'argent, le roi soigne ses amis, le roi enrichit ceux qui sont déjà riches, et pendant ce
temps-là, le peuple s'appauvrit".
"Présider un pays, c'est d'abord respecter les Français et répondre à
leurs soucis et à leurs problèmes", a-t-elle estimé.
Samedi, devant le conseil national de l'UMP, Nicolas Sarkozy avait
évoqué un le faible impact des grèves en France, affirmant que "désormais, quand il y a une grève en France, plus personne ne s'en aperçoit".
Articles paru sur : http://desirsdavenircastelnaumedoc.over-blog.com/
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