Samedi 2 août 2008

Nicolas Sarkozy fait partie de ces hommes politiques à qui l’on prête systématiquement des intentions, un dessein, et pour lesquels chaque attitude, chaque regard, chaque geste donne lieu à interprétation. On l’a vu récemment avec Bertrand Delanoë qui avait estimé que les critiques acerbes à l’égard de Jack Lang étaient le résultat d’un piège tendu aux socialistes par le puissant Sarkozy.

Le fantasme de la toute puissance de l’homme machiavélique n’est pas nouveau. Souvenons-nous de François Mitterrand dont les moindres œillades étaient scrutées et analysées. L’intéressé savait l’avantageux parti qu’il pouvait politiquement retirer de la fascination qu’il inspirait tant chez ses admirateurs que chez ses contempteurs les plus acharnés : faire comme si on était à l’initiative des choses alors qu’on les subit en réalité.

Ceci lui a joué néanmoins de mauvais tours, par exemple lorsque la droite l’avait accusé d’avoir fait instaurer le scrutin proportionnel uniquement dans le but de faire entrer le Front National, en mars 1986, à l’Assemblée nationale et ainsi de diviser et d’affaiblir le RPR et l’UDF. Or, il s’agissait tout simplement à l’époque de mettre en œuvre une des 101 propositions de son programme présenté aux Français durant l’élection présidentielle de 1981. Le programme du candidat Mitterrand, élaboré tout au long des années 1970, ne pouvait évidemment pas tenir compte de la montée en puissance de l’extrême droite. Pourtant, rappeler ce fait, même aujourd’hui, ne sert quasiment à rien. Le mythe du manœuvrier génial l’a emporté sur la réalité de la vie politique ordinaire.

Cependant, on ne peut pas dire que Sarkozy est machiavélique au sens où on l’entendait pour Mitterrand. La « puissance manoeuvrière » que certains lui prêtent ne résiste pas au paradoxe du personnage. En effet, à peine Sarkozy tente-il de comploter que son inconscient conspire à sa place. Le calcul cède alors le pas à l’improvisation. A la mauvaise improvisation, celle qui en dit long sur la nature profonde de l’homme. Il existe un adage populaire à ce sujet : « Chassez le naturel, il revient au galop. » Ou bien encore l’expression « l’arroseur arrosé. » Ce paradoxe s’est vérifié maintes fois depuis qu’il est au pouvoir.

Un exemple parmi d’autres : « J’ai changé ». Rarement un politicien n’aura affirmé avec tant de fougue une transformation intime. Sortez vos mouchoirs et préparez-vous à écraser une petite larme. Séquence émotion :

«J’ai changé. J’ai changé parce qu’à l’instant même où vous m’avez désigné j’ai cessé d’être l’homme d’un seul parti, fût-il le premier de France. J’ai changé parce que l’élection présidentielle est une épreuve de vérité à laquelle nul ne peut se soustraire. Parce que cette vérité je vous la dois. Parce que cette vérité je la dois aux Français.

J’ai changé parce que les épreuves de la vie m’ont changé. Je veux le dire avec pudeur mais je veux le dire parce que c’est la vérité et parce qu’on ne peut pas comprendre la peine de l’autre si on ne l’a pas éprouvée soi-même.» (Nicolas Sarkozy, au Congrès de l’UMP, le 14 janvier 2007)

Pour la petite histoire, il faut savoir que ce discours contient en tout et pour tout treize fois le terme «j’ai changé». A ce niveau là, ce n’était plus de l’affirmation, c’était de la méthode Coué. Et pour quel résultat ? L’exact contraire !

Depuis le 6 mai 2007, le Leader Minimo se comporte en effet comme un véritable chef de parti. Il ne manque jamais de faire une apparition au Conseil National de l’UMP. La dernière fois, il y a même pris la parole pour se livrer, avec son sens de l’humour très aléatoire, à une odieuse provocation sur les grèves « qu’on ne voit plus ». Plus fort encore, Nicolas Sarkozy a fait annoncer qu’il participera à l’université de l’Union des Menteurs Professionnels (UMP). Une première sous la Cinquième République, qui positionne clairement le président « Bling Bling » en chef de bande et non en chef d’Etat.

Et que dire alors de sa vie privée, étalée complaisamment et instrumentalisée à des fins électorales ? A la lumière du vaudeville auquel les Français ont assisté ces derniers mois, le discours du 14 janvier 2007 n’en est que plus pitoyable.

On voit bien que l’habileté de Sarkozy est extrêmement relative, pour ne pas dire inexistante. Toutes ses affirmations, proférées avec la morgue et le culot du bonimenteur, trouvent leur incarnation dans leur négation même, parce qu’il ne peut lutter, au fond, contre ses penchants pour l’esbroufe, le dérisoire, et le ridicule.


C’est la raison pour laquelle on ne peut pas être totalement étonné de la dernière lubie présidentielle lors du Conseil des Ministres du mardi 29 juillet. N’étaient-ils pas pitoyables ces ministres qui, dans la cour d’honneur de l’Elysée, se sont faits les représentants de l’industrie du déchet consommable en brandissant le dernier album de Carla Sarkozy ? Mais que n’aurait-on pas vu, lu et entendu de la droite, et de l’ensemble des médias, si des ministres socialistes avaient agi ainsi ?

Et là, comme si de rien n’était, la France est conviée à communier autour du déchet. «Achetez-le, il est bien !» alors que, quelques heures auparavant, le conseil des ministres était occupé à mettre la dernière touche aux projets de lois antisociaux que le gouvernement présentera à la rentrée (ex : la réforme Boutin sur la loi SRU, la fermeture de nombreux hôpitaux publics, etc.). Que font-ils ces ministres sinon tenter d’instaurer une fausse proximité avec les Français en faisant l’éloge de cette excrétion vaguement musicale rythmée par des crises d’asthme ?

Après cette dernière pantalonnade ministérielle, qui vient couronner plusieurs mois de comédie, il est assez logique que certains blogueurs puissent éprouver de la lassitude à l’égard de Sarkozy. L’homme est devenu totalement transparent. Aucun des masques dont il peut s’affubler au gré des circonstances politiques ne dissimulent les affects qui l’agitent.

Il était donc grand temps qu’il prenne un peu de repos. Car la rentrée sera chaude. Très chaude.

Article paru sur : http://www.lozere-socialiste.fr


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Samedi 2 août 2008

Les médias hexagonaux et les instituts de sondages créent une pseudo compétition à gauche au sein du parti socialiste. Ce combat artificiel qui voudrait que l’ex candidate à l’élection présidentielle, Ségolène Royal, ne soit pas la favorite pour 2012 me fait penser à des prédictions à la Nostradamus.

Ne se basant sur quasiment rien, oubliant que les précédents candidats socialistes s’étaient présentés à plusieurs reprises. Avant de décrocher le sésame, François Mitterrand, dont la seule et unique héritière reste finalement aujourd’hui la dame du Poitou-Charentes, a postulé par trois fois.

Quand on voit le parcours du sempiternel revenant supposé retraité de l’île de Ré, on est étonné qu’ils, les éléphants, puissent revendiquer quoi que ce soit.

De voir le tollé qui a suivi l’annonce de la volonté de Ségolène Royal de reprendre la succession de François Hollande au PS laisse rêveur. La magnanimité face aux sorties de Pierre Moscovici qui convoite la même chose tout en se voyant déjà en haut de l’affiche comme futur premier-Ministre étonne. Quant au tapis rouge déroulé au Maire de Paris, Bertrand Delanoë le « libéral » qui se voit dans un destin à la Blair, plus rien d’étonnant.

Sondages après sondages, Bertrand Delanoë serait en avance. Les français lui font plus confiance semble-t-il. Malheureusement, malgré leurs tentatives d’opposer à Nicolas Sarkozy l’actuel locataire de l’Elysée une équipe de bras cassés : Dominique Strauss-Kahn, Bertrand Delanoë ou quelques branquignoles ne changera rien.

Ce sont les militants socialistes, la base, qui fait le parti et non les journaux ou les BVA, OpinionWay ou la Sofres…

Ce que ne veulent pas dire les canards, c’est que, Ségolène Royal est la vraie opposante à l’agité de l’Elysée, la seule capable de le battre véritablement. Quant aux autres, ils font ami-ami avec lui, se rangeant dans une dynamique qui, il me semble, serait simplement de lui permettre de faire un second mandat.

Ségolène Royal a une base nationale tandis que les autres sont cantonnés, qui, à Sarcelles, qui, dans le Doubs, qui encore, en Île de France simplement. Au nom de quoi revendiqueraient-ils plus le premier-secrétariat du PS plus que Ségolène Royal ?

Heureusement que l’ex candidate à la présidence ne fait pas sa Hillary Clinton en criant sur tous les toits qu’elle est victime de sexisme. Néanmoins, ça y ressemble.

Quoiqu’il en soit, malgré le jeu hypocrite des médias, quand il faudra que les militants socialistes choisissent, Ségolène Royal gagnera haut la main.

Article paru sur : http://breizhblog-king.blogspot.com

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Samedi 2 août 2008

«Continuez comme cela et la réélection de Sarkozy est assurée...» C'est la conclusion de cette lettre ouverte aux socialistes

Chers socialistes, vous ne vous aimez pas. Voilà pour moi le fait majeur; celui qui, plus que la panne d'électricité intellectuelle, plus même que le défaut d'un leader incontesté, explique le doute qui plane aujourd'hui sur le PS et la difficulté qu'il a d'exister comme parti.

J'ai failli commencer cette lettre en vous donnant du «chers camarades». Et puis, non. Je ne puis vous appeler camarades puisque vous n'arrivez même pas à vous conduire en camarades. Je connais quelques-uns d'entre vous personnellement. Chacun a des qualités, des défauts, des manies, des amours, un musicien favori, des souvenirs d'enfance; parfois même un idéal. Un être humain en somme.

Que l'on vous voie réunis et le cauchemar commence. Ce ne sont que coups tordus, allusions perfides, manœuvres d'arrière-salle de bistrot. Et surtout la haine. Oui, la haine entre vous.

L'ambition aussi bien sûr, et cela est normal. Mais la haine ? Je scrute les visages, car c'est la chose la plus intéressante du monde. J'ai vu l'autre jour l'arrivée en groupe, à je ne sais quelle réunion fractionnelle, de ceux qui s'appellent, Dieu sait pourquoi, les reconstructeurs, puisqu'ils passent leur temps à démolir. Mais qu'importe ! Cela, c'est de la politique politicienne.

Ce qui m'importe, c'est le reste. Les mimiques faussement détachées, les rictus derrière des airs d'impénétrable sérénité. Les plis du visage, ceux qu'impriment sans retour les nuits blanches des commissions de résolution, le scepticisme de bon ton, le cynisme, le mépris de l'autre, l'envie de tuer. Mais comment des êtres humains normaux peuvent-ils respirer et accepter volontairement de vivre dans des atmosphères aussi empoisonnées ?

C'est pour moi un mystère.

Tenez, le cas Ségolène. Je n'avais pas d'affinités particulières avec elle, et pour la candidature présidentielle, j'inclinais au départ pour François Hollande. Mais après que vous l'ayez désignée, je me suis mis à la soutenir sans arrière-pensées. Pas vous !

Vous devriez avoir honte de la façon dont vous avez traité et dont vous traitez encore votre candidate. Avez- vous fait assez de gorges chaudes à propos de ses positions hostiles au nucléaire iranien, fût-il civil ? Lequel d'entre vous a-t-il reconnu qu'elle avait raison ? Quand elle déclare justement que la libération d'Ingrid Betancourt ne doit rien à la diplomatie française, vous faites cause commune avec toute la droite : décidément, cette effrontée ne sait pas se tenir. Quand elle dénonce en Nicolas Sarkozy le parti de l'argent, vous toussotez et regardez ailleurs.

Quand, victime de trois effractions et mises à sac très suspectes, elle finit par s'interroger publiquement sur la mansuétude de la police, votre souci est de l'enfoncer. Des preuves ! On veut des preuves !

Avec des camarades comme vous, les aboyeurs professionnels de l'UMP peuvent partir en vacances.

Il faut croire qu'il y a dans ce bouillon de culture délétère de la Rue-de-Solferino quelque chose de contagieux, quand on voit à son tour Ségolène se déchaîner contre Jack Lang, coupable d'avoir voté selon ses convictions au Congrès de Versailles. Comment une femme comme elle, qui n'a pas craint de défier l'orthodoxie et la discipline de son parti à la veille du second tour de la présidentielle, en prenant langue avec François Bayrou, peut-elle se laisser aller à traiter Jack Lang de «traître», pour quelque chose d'infiniment moins grave ? Quelle imprudence ! Quelle inconséquence ! Quel alignement moral sur ses pires ennemis !

Continuez tous comme cela et la réélection de Sarkozy est assurée. Car enfin, s'il n'y a pas entre militants socialistes un minimum d'amitié, d'estime, de solidarité; s'il n'y a pas un peu de cette fibre fraternelle qui nous rend proches d'Eugène Varlin, de Jean Jaurès, de Pierre Mauroy, alors Manuel Valls a raison : il faut vite changer de nom; ce parti ne mérite plus de s'appeler socialiste.

Au fait, je connais le jour où Ségolène Royal vous est devenue définitivement insupportable. C'était à Charléty, à la veille du premier tour de la présidentielle. Elle s'était écriée : "Aimons-nous les uns les autres"

Décidément, cette femme est folle, on vous l'avait dit.

Le Nouvel Observateur 31 juillet 2008

Jacques JULLIARD

Article paru sur : http://www.savoiesdavenir.org/

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Samedi 2 août 2008

Rassemblement de la fraternité le 27 septembre 2008

"Très chères amies et amis de Désirs d'avenir,

Certains d'entre vous sont déjà en repos ; pour les autres, ça ne saurait tarder. Je pense aussi à toutes celles et ceux qui, frappés par la vie chère ou la précarité, ne pourront pas partir ou vont raccourcir leurs congés.

Je veux leur dire qu'ils gardent l'espoir d'un changement, d'un autre avenir auquel nous œuvrons tous ensemble.

Merci à toutes celles et tous ceux qui sont venus à la Maison de la Chimie le 28 juin dernier, à vous qui avez été si nombreux pour regarder les vidéos de notre belle matinée de témoignages et de projet politique et à celles et ceux qui nous ont apporté leur soutien en signant notre contribution.

Sans avoir le parti, nous avons la plus belle réunion publique de l'année qui vient de s'écouler, en-dehors des échéances électorales.

Nous allons continuer à nous mobiliser avec joie et force.

Dès maintenant, retenez cette date :

Samedi 27 septembre

de 18 à 22 heures

au Zénith de Paris


Nous nous retrouverons pour un Rassemblement de la Fraternité

Des artistes mais, des grands témoins, des citoyens victimes de la politique de la droite, des petits films, de l'humour, de la gravité mais aussi des raisons d'espérer et d'avancer... Nous allons vivre un moment collectif chaleureux et réconfortant....
... Je voulais également vous dire que je serai présente à l'ouverture de l'Université d'été du Parti socialiste à La Rochelle, le vendredi 29 août 2008, pour le mot d'accueil à 14 heures 30.

Le même jour, à partir de 18h45, j'invite toutes celles et ceux qui seront présents à partager le pineau et le chabichou, dans la salle de l'Oratoire. Je dédicacerai également le livre que j'ai écrit avec Alain Touraine dans la journée de vendredi. D'autres séances de dédicaces devraient se tenir ailleurs en France : le 9 août à Aix-en-Provence, Nice et Marseille (voir l'agenda sur le site de Désirs d'avenir pour plus de détails).

Puisque je serai dans ma région juste avant l'Université d'été, je vous propose également de me rejoindre à Angoulême et d'assister au Festival du Film francophone qui commence le 27 août.

Encore merci pour tout, pour votre fidélité, vos idées.

Avec mes sentiments les plus chaleureux,

Ségolène Royal

PS : Je reviens d'Oujda, au Maroc, où j'étais l'invitée d'honneur du Festival international du raï. Quelques jours forts en émotion tant par la ferveur populaire de ce festival que par la chaleur de l'accueil des Marocains. Vous pourrez lire l'histoire de mon voyage sur le blog de Désirs d'avenir."

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Jeudi 31 juillet 2008

Le Monde revient sur le mensonge du chômage.



Celà fait un moment que ces chiffres du chomages ne sont plus crédibles. Mais alors à quoi servent ces chiffres ?

Mais tout simplement à ce que le perlinpinpin de l'Elysée gagne sur tout les plans en la jouant fine.

Déjà dans la partie brute de décoffrage, la propagande ches les neuneus de droite. Je ne parle pas ici des fidèles militants de la milice de droite UMP, personnes sans scrupules issues le plus souvent du FN qui connaissent bien le système et sont toujours prets à renverser la république pour instaurer l'état policier. 95%  des militants.

Je parle ici des fainéants de droite ou de ceux qui ont des capacités mentales réduites. Tout ceux en bref qui n'on que TF1 pour source d'information et qui y croient. Donc là, un gros chiffre chez pernaud, chomage moins 20 milions et ils gobent. Normal, une petite manipulation du style Lagarde, ce n'est pas expliquée sur TF1. Et ils sont content, le président travaille et il est efficace. Voilà, chez eux ça marche. Ils votent encore UMP. Souvent, c'est eux qui font pencher la balance.

Là, où il est bon ce menteur de Sarkozy, c'est la terreur qu'il fait régner par son mensonge chez ceux qui analysent ces chiffres,  chez ceux qui voient la réalité. C'est une menace encore plus forte.  Pourquoi ? Parce qu'on sait que la situation est catastrophique mais on ne peux plus la quantifier. C'est le pire.

C'est le ferment de tout les bons films d'horreur. Dans les "dents de la mer", on a beaucoup plus peur de la non présence du requin que quand on le voit vraiment. Les chiffres du chomage, c'est pareil. Ne plus avoir un ordre d'idée du chomage, c'est basculer dans une angoisse amplifiée et permanente de la perte d'emploi. Ca ne nous permet plus aussi de jauger de l'état de l'économie réelle. Et forcement, on fantasme de manière plus forte cette épée de Damocles.

Voilà à quoi sert ce mensonge. A faire vivre les salariés dans la terreur. Le gouvernement Sarkozy , c'est le gouvernement de la terreur. Il ne fait que créer la peur, peur du chomage, peur des étrangers, peur des religions (enfin, celle qu'il a choisi de stigmatiser). Toute son action depuis toujours a été de faire peur aux gens.

Comme ça, on ne voit plus les grêves, les gens sont terrorisés à la pensée de perdre leur emploi pour une grêve. Et ils vont accepter n'importe quoi pour le conserver.  Même de transformer leur CDI en  emploi précaire. Et là, la boucle est bouclée. La peur est irrationnelle, et Sarkozy joue la-dessus depuis longtemps.
Le patronnat qui est tout à l'image de Dassault, aura son moyen de pression ultime sur le personnel. Si les gens n'ont plus peur, ils n'acceptent plus ces saloperies de droite qui ruinent leur vie et revendiquent leurs dus. Le Sarkozisme, c'est empécher ça par n'importe quel moyen, culpabilisation des faibles, terreur ou racisme au nom du capitalisme financier.

Il ne faut plus avoir peur. S'il faut avoir peur, c'est du couple Sarkozy-Dati. Regarder les personnages, leurs réformes, leurs personalités. Et vous verrez des choses vraiment effrayantes. Sarkozy-Dati, c'est "L'exorciste" en live.

Article paru sur : http://mange-ta-soupe.over-blog.com

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Jeudi 31 juillet 2008

Alors qu’un rapport du Sénat américain révèle plusieurs noms de fraudeurs du fisc qui ont planqué leur bas de laine au Liechtenstein, la France impose toujours le secret sur les 64 dossiers qui font l’objet d’enquêtes des limiers de Bercy.

Pour la première fois, en mai 2008, les États-Unis ont arrêté un banquier, ancien employé de la banque suisse UBS, pour avoir « conspiré avec un citoyen américain dans l’objectif de frauder l’impôt sur le revenu ». Les banquiers et avocats chargés dans les paradis fiscaux de cacher les économies des riches fraudeurs du fisc, autant que l’argent provenant d’activités criminelles, ont du souci à se faire. Un pied en territoire américain, et le risque de se faire interpeller est grand. Cette première aura des conséquences importantes dans le petit monde de la banque de fortune dans les paradis fiscaux.

C’est un rapport du Sénat américain sur l’évasion fiscale, rendu public le 17 juillet par le Comité sur la sécurité intérieure et les affaires gouvernementales, qui révèle l’histoire. Le Sénat a enquêté sur l’affaire d’évasion fiscale au Liechtenstein, celle qui donne actuellement du grain à moudre à de nombreux pays depuis qu’un ancien salarié d’une banque de Vaduz a sorti des données sur les comptes des clients de l’établissement. Les investigations sénatoriales détaillent 7 cas de ressortissants américains qui ont placé leurs économies dans la fameuse banque, la LGT, propriété de la famille royale du Liechtenstein, et un cas lié à l’UBS.

Les noms de riches Américains fraudeurs

Le rapport américain de 115 pages (le document et les auditions sont téléchargeables ici) fourmille de détails sur la famille Marsh, de Fort Lauderdale, en Floride, qui ont placé 49 millions de dollars au Liechtenstein en 20 ans, sur les Lowy qui ont placé 68 millions de dollars de biens dans une fondation grâce à la LGT, la banque de Vaduz. Et aussi sur William Wu, que la banque a aidé à planquer ses biens, et la famille Greenfield. Cette dernière a même rencontré le Prince Philippe du Liechtenstein, l’un des patrons de l’établissement, pour organiser un transfert de fonds de 30 millions de dollars…

Chapeau à la transparence yankee. En Espagne, les enquêteurs s’échinent à remonter les fils de la fraude et ont mis en œuvre l’opération « Jade Limusina », qui a déjà conduit à l’interpellation de 70 personnes et à des perquisitions à Marbella, Fuengirola, Torremolinos, Benalmadena…

En France, en revanche, la fameuse liste des fraudeurs présumés est aussi secrète que le code nucléaire ! Une chape de plomb que seul Bakchich a réussi à fendiller. Dans un papier, publié le 15 mars 2008 sur le site, sur David Douillet, Michel Houellebecq et François-Marie Banier, « Touristes fiscaux au Liechtenstein », nous avions écrit que ces trois noms figuraient sur les listings de comptes au Liechtenstein communiqués par les Allemands au ministère français de l’Économie et des Finances. Seul Douillet a attaqué Bakchich, et nous avons gagné devant le tribunal de Nanterre. Mais bon, Eric Woerth l’assure à La Tribune de mercredi : « la DNEF a identifié 64 groupes familiaux faisant partie de la clientèle » (…). « La Direction nationale des Vérifications de Situations fiscales a lancé 150 procédures de contrôle, dont 61 examens de situation fiscale personnelle, 46 contrôles portant sur le paiement de l’impôt de solidarité sur la fortune et 38 vérifications de comptabilité ». Précis, mais opaque.

Un effet d’annonce d’Eric Woerth ?

Woerth en profite pour dévoiler « un plan » contre la fraude. Séduisante et vertueuse, sa proposition de créer une cellule fiscale judiciaire « placée sous l’autorité d’un juge » pour mieux « lutter contre la fraude fiscale » ressemble à un effet d’annonce. Des centaines de fonctionnaires, à la DNEF (Direction nationale des Enquêtes fiscales) par exemple, travaillent déjà à repérer les fraudeurs et constituer des dossiers susceptibles de tenir. Une autre division du ministère du Budget, la Direction nationale des Vérifications de Situations fiscales (DNVSF), s’applique ensuite à contrôler les éventuels fraudeurs. Ce qu’elle fait déjà dans l’affaire du Liechtenstein.

Les belles intentions du ministre – se pencher enfin sur « les questions liées au secret bancaire dans les paradis fiscaux » et « la crédibilité de la liste noire des paradis fiscaux » – arrivent bien tard. En 1996, un groupe de magistrats européens avaient lancé l’Appel de Genève pour que les paradis fiscaux soient éradiqués et que l’Europe soit aussi un espace judiciaire. On a vu les résultats : pas brillants. « En dehors de quelques améliorations minimes dans la transmission des commissions rogatoires internationales qui tiennent surtout aux rapports personnels entre magistrats, aucun satisfecit n’est possible », expliquaient les mêmes têtes brûlées en 2006, pour les 10 ans de l’Appel.

Avant de réagir, les syndicats des Impôts attendent plus d’infos de la part du cabinet du ministre du Budget sur le projet de « cellule ». « Personnellement, la tutelle d’un juge m’inquiète quant aux marges de manoeuvre dont disposeront ces agents. En effet, nous travaillons aujourd’hui de notre propre initiative fiscale et les officiers de police judiciaire que nous rencontrons dans nos procédures nous envient cette liberté et cette autonomie. Il ne faudrait pas non plus de détournement de procédure, c’est-à-dire utiliser le fisc pour combattre autre chose que la fraude fiscale », analyse un agent de Bercy.

Si le juge se contente d’exercer un contrôle – un poids ? – supplémentaire, où est l’avancée ?

Article paru sur : http://desirdavenirlacanau.over-blog.net/

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Jeudi 31 juillet 2008

PARIS (AFP) — François Rebsamen, numéro deux du PS, appelle mercredi les proches de François Hollande et ceux de Ségolène Royal à une "motion commune" en vue du congrès du PS à Reims, sans exclure l'idée que d'autres puissent les rejoindre.

Le maire de Dijon, proche à la fois du premier secrétaire sortant et de Ségolène Royal dont il a signé la contribution et dont il avait codirigé la campagne présidentielle, a déclaré à l'AFP: "Je voudrais les appeler à travailler ensemble à l'élaboration d'un motion commune."

"Une convergence de positions apparaît au travers de faits précis: opposition franche à Nicolas Sarkozy, cohérence du PS, respect du vote des militants", affirme M. Rebsamen.

Il souligne "une convergence politique qui doit les obliger à travailler ensemble à l'élaboration d'une motion commune". Des "initiatives seront prises avant le 1er septembre", assure-t-il.

Les journées d'été du PS à La Rochelle ont lieu du 29 au 31 août.

Il s'agit de faire "cela par étapes", selon M. Rebsamen qui n'écarte "absolument pas l'idée que d'autres puissent (les) rejoindre".

Il déclare ainsi que les barons régionaux Jean-Noël Guerini et Gérard Collomb, signataires de la contribution "la Ligne claire", "ont leur place avec nous", "et puis aussi Bertrand Delanoë", favori pour la succession de François Hollande, qui porte sa propre contribution.

L'entourage de François Hollande a eu des "contacts" avec un proche du maire de Paris, l'ancien ministre Daniel Vaillant, souligne-t-il.

M. Rebsamen veut proposer aux responsables de la contribution Hollande et à ceux du texte Royal de se rencontrer pour travailler ensemble, "même sans" les principaux intéressés, ex-compagnons séparés depuis 2007.

"Je considère qu'il n'y a aucune raison - à part des raisons personnelles que je souhaite évacuer - empêchant des responsables des deux côtés de se rassembler", dit-il.

"Ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise", insiste M. Rebsamen.

Article paru sur : http://desirsdavenircastelnaumedoc.over-blog.com/


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Mercredi 30 juillet 2008

Remboursement des aides indues : l'exemple allemand.

Dans nos propositions figure une qui est critiquée par les adeptes d'un système où l'argent public peut servir à financer les dividendes des actionnaires des entreprises rentables. C'est celle qui consiste à demander le remboursement des aides en cas de délocalisation. Voyons un exemple réel, chez nos voisins Allemands.

On se moque de nous à droite, en nous expliquant que ce n'est pas par ce qu'une entreprise fait des bénéfices qu'elle est en bonne santé. Certes si on se base sur un historique. Mais mon point de vue est simple : pas d'argent public pour des entreprises privées qui font des bénéfices et délocalisent ou n'investissent pas dans le cadre d'un contrat entre le payeur ( l'état, la collectivité locale) et le bénéficiaire. Mes amis libéraux, vous pourrez être contents, je parle de contrat, tout ça bien sûr dans un cadre juridique et légal à mettre en place.

Alors regardons ce qui se passe en Allemagne avec Nokia.

BERLIN (AFP) — Le groupe finlandais de télécommunications Nokia, qui va verser 20 millions d'euros à une ville allemande après sa décision controversée d'y fermer une usine, va en outre rembourser 1,3 million d'euros plus des intérêts à l'Etat allemand, a indiqué samedi un porte-parole du ministère de la Recherche.

Selon l'hebdomadaire économique WirtschaftsWoche, le ministère de la Recherche avait au total accordé à Nokia 4 millions d'euros de subventions pour financer des programmes de recherche dans son usine de Bochum, dans le bassin industriel de la Ruhr.

Le fruit de ces programmes de recherches devait être exploité en Allemagne, ce qui pour partie n'est plus le cas avec la fermeture de sa dernière usine en Allemagne, selon le ministère. Le géant finlandais avait annoncé en janvier sa décision de fermer son usine, qui emploie 2.300 personnes et garantit plusieurs milliers d'emplois indirects, au profit d'un site en Roumanie, invoquant des coûts salariaux trop élevés en Allemagne.

Cette annonce avait suscité une polémique dans une région touchée par le chômage et ce alors que Nokia annonçait des bénéfices records.L'Etat régional de Rhénanie du nord-Westphalie, où se situe l'usine de Bochum, avait alors réclamé à Nokia le remboursement de 60 millions d'euros de subventions et intérêts.

Début juillet, le groupe s'était engagé à verser 20 millions d'euros à la Bochum et l'Etat régional avait en échange renoncé à réclamer le remboursement des 60 millions d'euros.

C'est simple non ? Une collectivité publique ( état ou région, ici un Land Allemand) finance par des fonds publics une partie du budget d'une entreprise privée avec obligation contractuelle. Ici c'est tout simple, le Land finance la recherche et le produit des recherches doit être exploité sur place. S'il ne respecte pas cette obligation, il doit rembourser. Surtout s'il fait des bénéfices et qu'on ne nous explique pas que les bénéfices sont répartis partout à la surface de la planète, cet argument ne tient pas. Vous ne pouvez pas avoir le beurre et l'argent du beurre.

Est ce qu'un tel exemple peut se produire en France ? Je l'espère, sachant que des exemples de financement public d'entreprises ayant déménagé après avoir touché les aides et financement, ça courre les rues. C'est aux syndicats d'initier les procédures judiciaires pour demander ces remboursements et faire pression sur les collectivité locales lors de la demande d'aide pour obtenir une contractualisation des aides.

Article paru sur : http://www.intox2007.info

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Mercredi 30 juillet 2008

29 juillet 2008

David Assouline, Delphine Batho, Dominique Bertinoti, Jean-Louis Bianco, Aurélie Filippetti, Guillaume Garot, Jean-Pierre Mignard et Vincent Peillon co-signent une tribune parue dans Le Monde daté du 29 juillet.

 " Nous serons courts. La gauche ne doit pas s'abîmer dans une discussion creuse comme un puits sans fond sur les avantages et inconvénients de s'opposer un peu, beaucoup, à la folie ou passionnément.

Fallait-il s'associer à la réforme constitutionnelle proposée par Nicolas Sarkozy ? Si la réponse a été non, la faute en revient à son promoteur. Il n'a pas su résister à la gourmandise de la majorité sénatoriale qui a sanctuarisé la Chambre haute pour se l'adjuger ad perpetuam. Ainsi, avant même d'en débattre, la moitié du Parlement avait été préemptée. La réforme pouvait discuter de tout, sauf de l'attribution du Sénat à la droite. Au moins est-on sûr qu'une majorité applaudira le président lorsqu'il viendra chercher des félicitations sur les bancs du Parlement. Il n'a pas su non plus résister à la tentation de limiter le droit d'amendement, droit fondamental des parlementaires. Curieuse conception de la revalorisation des assemblées ! La méthode elle-même supposait une conférence de consensus entre les grandes familles politiques. Le pouvoir a préféré faire son marché en débauchant ici ou là telle pièce que, à l'image d'un jeu d'échecs, on prend à son adversaire. D'emblée, c'est une stratégie de contournement des partis institués de l'opposition et de la gauche que le pouvoir a mise en place.

Enfin le succès supposait du président lui-même une exemplarité qu'on est bien en mal de trouver dans sa pratique du pouvoir. De la justice aux médias, la présidence exerce déjà une emprise que la réforme ne viendra nullement contrecarrer, puisque, en matière de nominations, la majorité parlementaire souscrira aux vœux de la présidence. D'où le verrouillage bien compris du Sénat.

Nous disons à nos amis qui s'interrogent sur la bienséance de l'opposition : pour être courtois, encore faut-il ne pas être contraint de s'excuser lorsque l'on vous a marché sur les pieds ! Nous voyons en effet peu à peu s'esquisser un régime politique de type nouveau, qui entend concentrer tous les pouvoirs, pour installer une domination idéologique et culturelle durable.

La droite décomplexée suffirait au bien du peuple. Quelques-uns à gauche sont sélectionnés par elle, dès lors qu'ils consentent aux règles du jeu qu'elle leur a imposées. Tous les autres sont rejetés du côté de la force obscure. Cette concentration des pouvoirs est non seulement dangereuse, mais elle est de surcroît inapte à réformer réellement le pays. Seule la mise en mouvement de toute la société permettrait de mener des réformes justes et durables.

En fin de compte, ce pouvoir et cette droite veulent une société de la résignation. La France dévisse, l'inquiétude grandit parmi nos concitoyens confrontés à une grave crise économique, sociale et écologique. Une France inégalitaire se fabrique sous nos yeux, où tous ceux qui ont du mal à boucler leurs fins de mois paient une politique dont les bénéficiaires sont les "importants" et les "puissants". Pendant les travaux constitutionnels, le détricotage des droits sociaux continuait : suppression massive de postes dans l'éducation, cadres pressurés par l'augmentation du forfait jours, accords d'entreprises d'autant plus valorisés que le syndicalisme y est faible, couteau placé sous la gorge des chômeurs, priés d'être enfin raisonnables... Quelle fraternité peut-on espérer d'une telle déchirure ? Quel dynamisme, quelle volonté, quel espoir dans l'avenir quand tout semble joué et que les réseaux d'influence et de cooptation l'emportent sur les efforts et le travail ? Et ce n'est que le début. C'est pourquoi la domination culturelle, dans les médias notamment, est un enjeu capital car elle peut fabriquer de la résignation et brouiller la perception qu'une autre politique est possible.

La politique d'un tel pouvoir ne se divise ni ne s'épluche comme les quartiers ou la peau d'une orange. Elle est un bloc. C'est d'ailleurs ainsi qu'elle se présente et qu'elle se rengorge pour reprendre, depuis un an, le même couplet inquiétant et lancinant sur la fin de la gauche ou la mort du Parti socialiste. Nous nous opposerons à chaque fois que cela sera nécessaire, sans tomber dans la première embuscade tendue. Nous nous opposerons d'autant plus fermement que nous proposerons d'autres valeurs et une autre politique : révolution fiscale, préparation de l'après-pétrole, consolidation de notre protection sociale, VIe République. Combattre et proposer vont évidemment de pair : un combat sans propositions est vain, mais des propositions qui ne sont pas forgées dans un combat politique seraient désarmées. Il n'est pas juste de confondre la fermeté avec le sectarisme. En matière de convictions, la fermeté n'est pas un réflexe conditionné, elle est une preuve, celle qui nous est demandée dès aujourd'hui par de nombreux Français qui veulent espérer ; c'est elle aussi qui nous sera demandée en 2012. Voilà pourquoi nous appelons les socialistes à l'unité et au courage."

David Assouline (sénateur PS, Paris), Delphine Batho (députée PS, Deux-Sèvres), Dominique Bertinoti (maire du 4e arr. de Paris), Jean-Louis Bianco (député PS, Alpes-de-Haute-Provence), Aurélie Filippetti (députée PS, Moselle), Guillaume Garot (député PS, Mayenne), Jean-Pierre Mignard (avocat), Vincent Peillon (député européen).

Article paru sur : http://desirsdavenircastelnaumedoc.over-blog.com


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Mardi 29 juillet 2008

28 juillet 2008

L’éditorialiste Bertrand Le Gendre souligne l’avancée que représente « l’amendement Assouline ».

Le Monde, le 26 juillet 2008

" La Constitution garantit désormais "l'indépendance des médias". Cet ajout à la Loi fondamentale est passé pratiquement inaperçu dans le brouhaha de la révision constitutionnelle. Injustement, car c'est l'un des "bonus" du texte que les parlementaires ont approuvé le 21 juillet.

Les spécialistes divergent sur la portée de cet ajout. Mais sa signification symbolique saute aux yeux. En 2008, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, il s'est trouvé 539 parlementaires pour juger nécessaire de graver dans le marbre de la Constitution une évidence : la presse est indépendante dans une démocratie. 539 élus auxquels il faut ajouter tous ceux qui, à gauche, n'ont pas voté le projet de révision mais se réjouissent in petto que cette mesure y figure. Les sénateurs socialistes en particulier.

C'est sur l'initiative de l'un d'eux, David Assouline (Paris), qu'a été adopté un amendement précisant, à l'article 34 de la Constitution, que "la loi fixe les règles concernant (...) la liberté, le pluralisme et l'indépendance des médias". C'était le vendredi 20 juin, en première lecture, après dîner, dans un hémicycle clairsemé. Le vote a eu lieu à main levée, après acquiescement explicite du rapporteur UMP du projet, Jean-Jacques Hyest (Seine-et-Marne).
Seule a pris la parole pour s'y opposer la garde des sceaux, Rachida Dati, prétextant que les principes énoncés par cet amendement étaient "déjà garantis au niveau constitutionnel". Une demi-vérité qui n'a convaincu ni les sénateurs ni les députés, lesquels ont avalisé à leur tour l'amendement en seconde lecture.

La jurisprudence du Conseil constitutionnel garantit depuis les années 1980 le pluralisme des médias. Sur ce point Rachida Dati a raison. Ce qui est nouveau, c'est d'avoir donné force constitutionnelle à leur "indépendance". Indépendance par rapport à quoi ? Par rapport à qui ? Aux puissances de l'argent ? Au pouvoir politique ? L'amendement Assouline ouvre des perspectives innombrables aux défenseurs de la liberté d'expression.

Pour l'heure les interprétations divergent sur la portée réelle du nouvel article 34, version du 21 juillet 2008. Et sur les conséquences que le législateur va devoir tirer de l'affirmation selon laquelle "l'indépendance" des médias est une valeur fondamentale de la République.

Membre du comité Balladur sur la modernisation des institutions et professeur de droit constitutionnel, Guy Carcassonne estime que la nomination par l'Etat du président de France Télévisions - un projet cher à Nicolas Sarkozy - est compromise. Actuellement, le choix relève d'un collège de neuf personnes, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Une procédure qui garantit, juridiquement au moins, l'impartialité de ce choix.

Ancien président du Conseil constitutionnel, Robert Badinter, sénateur (PS) des Hauts-de-Seine, est moins affirmatif. Par expérience, il sait les limites que cette institution ne doit pas franchir sous peine d'instituer un gouvernement des juges. Il doute que le Conseil constitutionnel censure le nouveau mode de désignation du président de France Télévisions. Car, comme l'a annoncé Nicolas Sarkozy, la nomination de celui-ci par l'Etat sera assortie de deux précautions : la consultation du CSA et l'accord de la commission compétente au Sénat et à l'Assemblée nationale.

Il reviendra au Conseil constitutionnel de trancher ce débat et, plus généralement, de dire ce que recouvre la notion un peu vague d'"indépendance" des médias. Au moins celle-ci figure-t-elle aujourd'hui au fronton de la Ve République.

Bertrand Le Gendre, éditorialiste du Monde

                Article paru sur : http://www.desirsdavenir.org/

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